Manager sous pression : pourquoi les compétences ne suffisent plus
Nous oublions trop souvent ce que nous exigeons de notre
organisme.
Et honnêtement… c’est ce qu’on exigerait d’une machine de guerre.
Concentration. Décision. Lucidité. Créativité. Gestion émotionnelle. Gestion de la pression...
Et, tant qu’à faire, rester fit, énergique et ne jamais tomber malade…
Pour un système aussi complexe que notre organisme, c’est énorme.
À une époque, cette exigence pouvait encore être tenable.
Pour peu que l’hygiène de vie suive.
Je me souviens de mes 30 ans. Je prenais mon premier poste de direction.
On ne choisit jamais le moment.
Sans réseau, sans code ni formation en management, j’ai certainement commis, une à une, toutes les erreurs possibles.
Et forcément, j’étais dans le dur.
Mais il s’agissait de compétences fonctionnelles. L’énergie, je l’avais.
Il suffisait d’observer les meilleurs et de se former pour faire pareil.
Je l’ai fait. Et franchement, je m’en sortais très bien.
Seulement, notre monde a basculé.
Le début des années 90 était l’ère du fax, des e-mails, du Web à 15 kbit/s et du présentiel.
Je caricature, mais ce que cela signifie est important. Nous bossions comme des dingues, certes, mais la pression était différente.
De nos jours, la connexion est permanente et l’immédiateté fait loi.
La prévisibilité est au plus bas et l’incertitude domine.
L’industrie agroalimentaire nous appâte avec un carburant low-cost.
Chez les professionnels les plus sollicités, Microsoft comptabilise jusqu’à 275 messages et sollicitations en tout genre par jour.
Aujourd’hui, presque tout est disponible à distance.
La rencontre n’est plus indispensable.
Et notre sédentarité, déjà importante, ne fait qu’augmenter.
In fine, parmi nous, 53 % des cadres ressentent au moins occasionnellement un épuisement professionnel,
ceux qui restent sédentaires plus de 12 heures par jour voient leur risque de décès augmenter de 63 %,
et 47 % des adultes sont en surcharge pondérale.
Cette pression-là n’a rien à voir…
Et ce qui est en train de se passer n’est pas anodin.
Pas du tout.
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Le constat des neuroscientifiques est clair :
Le rythme que le monde moderne impose n’est plus compatible avec notre biologie. Nous devons changer notre manière de nous piloter si nous voulons tenir et durer.
On peut en douter, considérer que cela ne nous concerne pas. C’est légitime.
Mais même si quelques G.I. Joe sourient encore en affirmant que ce n’est pas grave et qu’il suffit d’être solide, est-il vraiment sérieux de ne pas creuser le sujet ?
Je ne crois pas.
J’ai donc cherché les experts qui savent vulgariser.
Des pointures du corps médical, issues de domaines ultra-techniques et régulés, qui acceptent de former.
Il y en a peu.
Le Dr Yann Rougier en fait partie.
Ce que j’ai appris m’a sidéré.
La vérité est que nous devons agir sur 5 facteurs, pas un de plus, pas un de moins.
Notre façon
de respirer,
de manger,
de bouger,
de gérer nos pensées
et de piloter nos émotions.
Cinq facteurs qui, jadis, étaient beaucoup mieux gérés.
Cinq facteurs qui, aujourd’hui, sont en danger.
Ils sont interconnectés.
Et surtout indissociables.
Garants de notre résilience, de notre stabilité et, in fine, de notre performance managériale.
Si l’un chute, les autres compensent jusqu’à l’épuisement ou la rupture.
Et ça se traduit par des choses extrêmement concrètes :
L’excès de stress perturbe notre digestion et peut modifier l’assimilation de certains nutriments.
Même avec une assiette bien construite, notre nutrition peut donc perdre une partie de son efficacité, alors même qu’elle est notre socle pour tenir.
À l’inverse, une alimentation riche en aliments ultra-transformés est associée à une probabilité plus élevée de présenter des symptômes anxieux, jusqu’à 48 % selon une méta-analyse.
En mangeant n’importe comment pour gagner un peu de temps, nous générons un terrain encore plus sensible à la pression.
Une bonne respiration permet de réguler efficacement notre système nerveux.
Mais le stress et certains codes comportementaux nous poussent à la modifier, voire à la dégrader, de façon imperceptible, alors que nous pourrions en reprendre le contrôle.
L’activité physique, notamment la marche, a un impact déterminant sur notre mental, nos émotions et notre capacité à récupérer.
Mais nous sommes devenus sédentaires à un point que nous n’imaginons pas.
Ces facteurs sont donc bien interconnectés.
Agir sur l’un influence les autres.
Dans le bon sens comme dans le mauvais.
Tout cela est physiologique.
Et c’est profondément injuste.
Certains le savent. D’autres pas.
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Si mettre en application ces 5 facteurs était complexe, je n’aurais pas écrit cet article.
Il faut bien sûr intégrer des fondamentaux et procéder dans le bon ordre.
Il faut aussi accepter de changer de paradigme comportemental.
C’est précis et subtil, certes, mais c’est suffisamment simple pour être compatible avec ton agenda.